mer. Nov 18th, 2020

Le Mystère demeure entier quant à Léon Roches alias Omar. Épisode 4

leon rectifieDu 20 novembre  au 09 décembre 1837  Omar ould Raouch (Roches)  impatient  d’aller à la rencontre de l’émir passa ses journées  à s’interroger de sa situation qui lui semblait se rétrécir.

Cependant ,Le 10 Décembre1837 , le moment  venu , une caravane composée d’une centaine de personnes à sa tête son chef Si Kaddour Berrouila qui  conduisit  le convoi des principaux personnages les  Ouled Sidi M’Barek qui accompagnèrent Omar Ould Raouch  à Médéa ,alors  qu’il éspérait être  accompagné de  son  viel ami  si Lantseri   jusqu’à l’émir Abdelkader .

Malgré lui Omar se sentait seul privé de toute affection, sans aucun appui seul  avec son homme de confiance son serviteur Ahmed qui était de la maison chargé de faire parvenir toutes les correspondances à  son maitre Sidi Omar fils du pacha.

emir aekLa caravane  arriva le 11 Décembre à Médéa, le Hakem  et les  frères  Berkani khalifa de Médéa reçoivent  Omar Raouch parmi les accompagnateurs du convoi qui  furent  installés dans leurs habitations . c’était au mois de ramadan, après le Ftour , l’un des membres de la caravane  Sidi-Youcef  fils de Sidi el Habchi  homme sage vénéré des Béni Khalil tribu  de la Mitidja proposa à Omar Raouch  d’aller visiter la ville ,stupéfiés ,par la rencontre dans un café  le Türk nommé  Sid Ahmed Kaid de Bouira  lequel l’avait  somptueusement hébergé lors de son séjour à Médéa avec le général Desmichels  en 1836.

Ne jugeant pas la prudence de lui  avoir adressé la parole ,de crainte de le compromettre devant les assistants d’être  reconnu puis s’approcha de Sidi Youcef et lui chuchota quelques mots et quitta le lieu Omar raouch pris par la peur,  interrogea son accompagnateur qui lui fit signe de le suivre l’informant qu’il sont invités à prendre le Shour chez le kaid qui était l’ami de son père , une fois arrivés  ils étaient reçus par cette personne au même pavillon  où Roches était déjà descendu en 1836.

Omar Raouch connaissait parfaitement le kaid Ahmed  pour lui c’était  un fervent  musulman maitrisant l’arabe et le français, mais il était l’ennemi des arabes comme tous les turks.

Enfin venu le jour du 16 décembre 1837 Sidi  Mohamed Ben Ali  Ould Si Mbarek le khalifa de Meliana qui chargea  Berrouila  d’accompagner Omar Raouch  qui lui a donné l’hospitalité d’être conduit par les chaouchs  jusqu’à l’immense tente d’où un passage fut ouvert à ce dernier devant une foule épaisse en obstrue , le voici devant l’entrée et c’est à cet instant même qu’il ne croyait pas  à ses yeux de voir au fond de la tente  l’émir Abdelkader .

Pris de panique Omar Raouch  avança lentement vers l’émir  les yeux baissés, s’agenouilla en lui saisissant  la main pour la baiser ainsi fut l’usage :  après cette formalité qui le répugnait  d’autant plus un premier acte de soumission vis-à-vis d’un musulman .Omar crus rêver quand il vit les beaux yeux du grand homme se fixer sur lui ,bordés de grands cils noirs, brillants . Un regard  rempli d’éclat et de douceur lui faisant signe de s’accroupir devant lui .il l’observait  avec attention. Son teint blanc qui avait une pâleur mate, le front large élevé. Des sourcils noirs, fins bien arqués qui surmontaient  ses grands yeux blues qui l’ont fasciné, il remarqua même son nez qui le voyait fin légèrement  aquilin  et ses lèvres minces sans être pincés, sa barbe noire et soyeuse encadre légèrement l’ovale de sa figure expressive, un petit ouchem entre les deux sourcils fait ressortir la pureté de son front. Sa  main  petite remarquablement blanche.

Quelques tours d’une petite corde en poil de chameau fixent autour de sa tête un haik de laine fine et blanche, une chemise en coton  et par-dessus une  autre chemise en laine de même couleur du haik  il portait un burnous blanc recouvert d’un autre brun .Sa bouche prononçait tout le temps  des paroles consacrés à ce genre de Edikr allah. Un mélange d’énergie guerrière et d’ascétisme répand sur sa physionomie un charme indéfinissable.

« Sois le bienvenu », lui dit-il car tout  bon musulman doit se réjouir de voir augmenter le nombre de vrais croyants. Omar fut surpris par  la voix saccadée, pour ainsi dire sépulcrale. Il conserve l’accent en employant l’idiome des provinces de l’Ouest. Après que l’émir eut un long entretien  il conclue à Léon roches alias Omar : « La religion n’admet pas de semblables subtilités, c’est un crime de cohabiter avec les chrétiens ».  d’autres questions lui ont été posées sur ses antécédents, sur sa famille , surtout sur son père qui était à Alger. Sur la religion il parut satisfait de ses réponses. puis Omar fut vivement recommandé au Khalifa de Miliana  Ould Sidi M’Barek ,lui faisant signe qu’il pouvait se retirer .

 

Léon Roches serait il un déserteur de la France ou  un Omar espion ?

Mémoires dix ans  à travers l’islam.

O.Abbas